La gestion de portefeuilles de développement de nouveaux produits par l’approche des options réelles : mode d’emploi et perception

Chercheur responsable : Hélene Sicotte, Skander Ben Abdallah

Considérant que le manque d’expertise et de connaissances serait un frein à l’utilisation (Baker, Dutta et Saadi, 2011), nous vérifierons si certaines difficultés sont rencontrées lors de l’application de l’Approche par les Options Réelles (AOR). Considérant également que l’AOR serait entre autre sous-utilisée en raison de l’absence de support de la haute direction (Block, 2007), nous vérifierons également cette affirmation auprès de décideurs, de gestionnaires de projets et de financiers.

Cette étude porte sur l’évaluation, la sélection et la hiérarchisation de projets de DNP. Ces éléments sont des composantes centrales de l’établissement d’un portefeuille de projets. Considérant que l’information nécessaire pour la prise de décision n’est souvent pas disponible lorsque vient le temps de comparer les projets et d’allouer des ressources limitées, les approches financières traditionnelles telle la valeur actuelle nette (VAN) ou le délai de récupération actualisé (DRA), ne permettent pas de justifier ou d’invalider certains projets (Carlsson et al., 2007) : Ces projets ne tiennent pas compte entre autres, de l’incertitude. Selon Dixit et Pindyck (1994), l’analyse des options réelles (AOR) permet de tenir compte des options qui s’avèrent très précieuses quand la prise de décision est caractérisée par un niveau important d’incertitude et d’irréversibilité des investissements, ce qui est souvent le cas dans le domaine du développement de nouveaux produits (DNP). Cependant, l’AOR demeure généralement sous utilisée notamment en raison de l’absence de support de la haute direction (43%) puisque les dirigeants semblent considérer l’AOR comme une boîte noire difficile à comprendre (Block, 2007). Dans un sondage similaire de Baker, Dutta et Saadi (2011), les répondants non utilisateurs mentionnent que la première raison de la non utilisation est le manque d’expertise et de connaissances (78%) à l’interne pour réaliser l’analyse. Parmi les modèles proposés pour l’AOR figure celui de Luehrman (1998a) où l’auteur propose une approche simplifiée basée sur la formule de Black et Scholes dont les cinq variables sont réduites à seulement deux et peuvent ainsi être représentées graphiquement.

Méthode envisagée

Nous utiliserons la recherche-action. Premièrement, nous décrirons une version simplifiée et visuelle de l’AOR spécifique à la sélection de projets dans un contexte d’incertitude (Luehrman, 1998a). Cette méthode sera ensuite appliquée à la sélection de projets de DNP dans une entreprise qui n’utilise pas l’AOR présentement et qui le fera pour la première fois.  Ceci nous permettra de comprendre l’applicabilité de la méthode dans la pratique et de faire la comparaison de la hiérarchisation des mêmes projets mais évalués selon la méthode de la VAN traditionnelle, selon les méthodes couramment employées par l’entreprise et selon l’AOR. Enfin, les principaux intervenants dans le processus de sélection et de hiérarchisation des projets seront sondés afin d’identifier leur perception face à ces différentes méthodes.  Les critères d’une information de qualité (Bovee, 2004) seront utilisés pour le sondage et afin de juger de l’applicabilité de la méthode.