Comprendre la complexité des projets et les meilleures pratiques de plannification et gestion pour prévenir et mitiger ses conséquences

Chercheur responsable : Serghei Floricel

PROBLÉMATIQUE

Le champ de la gestion de projet s’est tourné vers la notion de complexité pour expliquer pourquoi réaliser certains projets requiert beaucoup plus d’effort que d’autres tandis que leur performance reste en deçà des objectifs visés. Pour répondre à ces questions une partie des chercheurs s’est tournée vers des théories très abstraites, comme celles proposées par le Santa Fe Institute, pour identifier des archétypes structurels et causaux qui sous-tendent les manifestations de la complexité dans les projets. Même si elle atteint une certaine profondeur théorique, cette littérature ignore les éléments concrets du projet et se concentre sur des caractéristiques abstraites telles que le nombre et la nature des relations entre les éléments du projet. De l’autre côté, une littérature orientée surtout vers la pratique s’est concentrée sur l’identification de facteurs très concrets de complexité dans les projets ; leur présence est censée d’augmenter les chances d’observer les phénomènes négatifs décrits ci-dessus. Malheureusement, cette littérature traite le projet en boîte noire et se fie aux opinions des gestionnaires de projet pour identifier les facteurs de complexité. Les résultats de cette approche ressemblent beaucoup à la littérature pratique en gestion de risque et ils manquent autant de validation empirique. Une petite étude empirique quantitative effectuée par Jean-Sébastien Roux, un étudiant du cours MGP7060 à l’automne 2014, a trouvé même qu’une très faible proportion des « facteurs » les plus fréquemment cités affecte réellement l’effort et la performance des projets et que beaucoup d’entre eux ont même un impact positif. Cette recherche vise donc à créer un pont entre, d’un côté, les préoccupations théoriques pour comprendre la nature de la complexité et, de l’autre côté, les intérêts pratiques concrets des planificateurs et gestionnaires de projets. Pour réaliser ce pont, notre recherche vise à développer une théorie de la complexité d’un niveau moyen d’abstraction, en combinant un ancrage théorique fondamental avec un ancrage empirique, qui repose sur l’étude qualitative et quantitative de projets réels dans différents domaines d’activité. La compréhension de la complexité et des enjeux qu’elle soulève permettra, dans un deuxième temps, d’identifier des pratiques de gestion et de planification qui permettent de minimiser ses conséquences négatives.