Analyse des différentes structures des communautés de pratiques en gestion de projet

Chercheur responsable :  Alejandro Romero
Étudiant : Bourses et propositions de sujet de recherche

L’objectif de ce projet de recherche est de (i) définir la structure et la gouvernance de différentes communautés de pratiques en gestion de projets au Québec (informelles et formelles); et (ii) déterminer quelle structure permet d’améliorer l’efficacité du gestionnaire, celle du projet et celle de l’organisation.

Problématique

Une communauté de pratique (CdeP) est définie comme un groupe de praticiens qui interagissent régulièrement pour discuter d’une préoccupation partagée, d’un ensemble de problèmes ou d’un intérêt commun, afin de l’améliorer —grâce à des activités de partage des connaissances (Wenger et al, 2002). Les organisations reconnaissent que les CdeP apportent des avantages à leurs employés, mais aussi à elles-mêmes (Hemmasi & Csanda, 2009).  Les CdeP ont fait l’objet de publications dans les domaines de l’éducation et des soins de santé, mais peu gestion de projet. Ce constat est surprenant,  étant donné que les CdeP peuvent être bénéfiques pour le gestionnaire de projet (les individus), pour l’organisation ou pour la communauté. En effet, les individus peuvent améliorer leurs connaissances et leurs compétences à travers  les activités de mentorat, de réseautage et de discussions (Saint-Onge et Wallace, 2003). Pour les organisations, les CdeP permettent de résoudre rapidement des problèmes, de diffuser des pratiques organisationnelles et de recruter des employés talentueux (Saint-Onge et Wallace, 2003). Pour la communauté en gestion de projets, les CdeP permettent aux experts de partager leurs expériences et leurs pratiques communes (p.e. les leçons apprises), ce qui permet de développer un langage, des processus et des outils communs.

Dans le domaine de la gestion de projets, différents types de CdeP émergent, tels, des communautés supportées par des entreprises  (la CdeP en gestion de projets commanditée par la municipalité de New York en est un exemple), des communautés commanditées par des institutions sans buts lucratifs (les CdeP du PMI et de ses chapitres) et des communautés informelles organisées par des gestionnaires de projets. Chacune de ces CdeP a des structures et des pratiques de fonctionnement différentes. Elles se distinguent également en raison de leurs objectifs, du choix des sujets et des moyens d’enregistrement et de diffusion des connaissances. Il n’existe pas de consensus dans la littérature, sur les avantages résultants de chaque type de CdeP. Selon Choi (2006), les CdeP informelles (organisées de façon volontaire et sans aucune hiérarchie ou contrôle formel) sont plus efficaces pour la création et la diffusion des connaissances : dans ce type de structure, les participants sont plus ouverts à partager leurs expériences et l’information générée a un niveau de crédibilité plus élevé (Wenger et al, 2002). Dans des CdeP plus centralisées ou hiérarchiques, les membres peuvent être plus influencés par des figures d’autorité ce qui  peut entraver l’ouverture et le partage des idées et des opinions. Néanmoins, d’autres chercheurs ont démontré que les CdeP informelles sont limitées quant au partage des connaissances au-delà de la communauté ou du projet avec le reste de l’organisation (Perry & Zender, 2004). Quelle serait la meilleure structure de CdeP qui permettrait d’améliorer la performance des gestionnaires de projet et la gestion des projets dans les organisations?